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Aller voir là-bas (si j'y suis)

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6 juillet 2012

India - Mathura (9-12/03/2011)

Krishna, Krishna, Krishna ! Hare Hare Hare !
Ça vous dit quelque chose ?
Jeunes hommes au crane rasé à l'exception d'une touffe de cheveux à l'arrière du crane, dansant, tapant un tambour et chantant comme des illuminés, ça vous parle ?
Si en France, l'image rappelle celle d'une secte, en Inde, elle a tout de sacrée.
Car Krishna est l'une des plus importantes incarnation de Vishnu, l'un des membres de la trinité hindoue dont la somme n'est rien de moins que... Dieu.
Côté humain, c'est aussi un des dieux ou demi-dieux ayant le quota sympathie le plus fort. Krishna incarne en effet la joie de vivre, l'humour, la rigolade, l'espièglerie, l'amusement, la coquinerie... enfin tout ce qui peut rendre plaisant notre passage sur terre...
En fait, cette légèreté est associée principalement à son adolescence, sa vie d'adulte étant d'avantage glorifiée pour sa sagesse. Mais c'est justement la première partie de sa vie qui nous intéresse ici.
Il l'a passa à Mathura, non loin de l'actuelle New Delhi.
Un peu comme Jésus avec Hérode plus tard, Krishna était recherché avant sa naissance par un méchant puissant pour être éliminé, mais tout comme le héros du nouveau testament, il verra finalement le jour grâce à un subterfuge familial. A part un ou deux accidents, il passera une enfance et surtout une adolescence très heureuse où son loisir favori était d'aller draguer les filles des vachers, les Gopis, en leur jouant de la flute et en leur faisant des blagues.
Comme il était cool et plutôt beau gosse (malgré ou grâce à sa peau bleu foncé), elles étaient toutes amoureuses de lui. Et même s'il savait toutes les contenter, il avait quand même un faible particulier pour Radha. Ce qui fait que l'image de Radha et Krishna incarne aujourd'hui en Inde le paroxysme du romantisme et de l'amour galant.
Bien sûr, on pourrait rétorquer que cela n'a rien de très moral d'aller gambader avec toutes les filles du coin, d'autant plus que la plupart étaient mariées... mais c'est là qu'intervient la magie des images de l'hindouisme. Krishna est le divin et Radha est la ferveur humaine pour le sacré. Penser à l'amour de l'un pour l'autre c'est se faire une idée de ce qui uni l'humanité à la spiritualité.
Il n'empêche que pour beaucoup d'Indiens c'est l'illustration un peu niaise du couple idéale qui prime au delà du message profond. Ainsi soit-il et c'est cette vision qui est célébrée en grande pompe à la fin du mois de mars, principalement dans le nord de l'Inde et d'avantage encore à Mathura durant Holi, la fête des couleurs.
Ayant lieu à l'arrivée du printemps, Holi est l'hymne à l'amour et à l'éclosion des couleurs chatoyantes ! « Joyeux Holi ! » se dit-on en s'envoyant une belle poignée de poudre pigmentée dans la figure !
En parallèle du rapprochement de la célébration des couleurs de la nature revenues après l'hiver, existe une légende associée au jeune Krishna:
Jaloux du joli teint pâle de Radha, Krishna serait venu se plaindre à sa mère adoptive, Yashoda, de sa trop obscure couleur. Celle-ci lui aurait alors suggéré de recouvrir le visage de sa bien-aimée, de la couleur qui lui plairait.
Il est donc de coutume à présent de teinter le visage de son amoureuse en souvenir de Krishna.
Étrangement, je n'ai vu principalement à Mathura que des jeunes hommes et point de jeunes filles.
Les conseils qu'on me prodigua (de manière plus ou moins musclée lorsqu'il s'agissait de la police...) ont d'avantage visés à me décourager de me mêler à eux plutôt que d'essayer de fêter l'amour à leurs côtés... Conseils que je n'ai évidement pas suivi...
Je ne sais pas à quel moment l'essence de la fête a dévié de l'amour à la violence mais il est vrai que j'avais plus l'impression d'être en situation de danger que de joie.
Il est probable que cela soit dû au fait qu'Holi est également, à la manière de nos carnavals, l'occasion d'annihiler pour un temps toute bienséance sociale. Les castes se mélangent et les inférieures trouvent là une occasion d'insulter celles qui les dominent le reste de l'année. Si les célébrations dans les temples sont solennelles, elles ont dans la rue quelque chose de joyeusement jusque boutiste. C'est le moment où les jeunes garçons peuvent en faire à leur tête et s'amuser de tout le monde. Finalement, j'imagine que Krishna doit être content.

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17 mai 2012

India - Pushkar (4-9/03/11)

Pushkar possède le seul temple en Inde dédié à Brahma, dieu créateur-démiurge de l'hindouisme et premier membre de la Trimūrti, la trinité des déités hindoues majeures.
Cette particularité a fait de cette petite ville du Rajasthan, un lieu touristique d'importance.

Mais depuis quelques années, elle est aussi devenue le centre de production des vêtements destinés aux babas-cool du monde entier.

Rencontre avec Himmat Singh, directeur de l'entreprise Sugarcane Clothing.

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   Himmat by desvoixdumonde

traduction:

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en bonus, une petite explication sur la provenance de la soie et le concept de recyclage de saris par Sonu, vendeur à Sugarcane.

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  Sonu by desvoixdumonde

traduction:

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 en images, l'atelier Sugarcane Clothing

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18 avril 2012

Inde - Ahmedabad (28/02-2/03/11)

ASHRAM

Ahmedabad est la principale ville du Gujarat, état situé à l'extrême ouest du pays.

Elle est aussi le lieu où Gandhi décida, en 1915, de fonder l'ashram de Sabarmati, du nom de la rivière qui la traverse. Si tous les ashrams ont en commun d'être des lieux de retraite, leur mode de fonctionnent en revanche les rend uniques. Gandhi voyait l'ashram de Sabarmati comme un lieu d'expérimentation de ses préceptes. Il y instaura donc des règles précises. Les hommes et femmes qui y résidaient devaient faire les vœux de vérité, de non-violence, de pauvreté, de célibat. Ils promettaient également de servir le peuple indien et d'appliquer pour se faire un concept élaboré au début du siècle par les indépendantistes bengalis, le swadeshi.


Swadeshi pourrait être traduit par économie familiale, Gandhi le définissait comme « le fait de se restreindre à l’usage et aux ressources de notre environnement immédiat, de ne faire usage que des biens produits par le voisinage ». A l'échelle de l'ashram, il s'agissait d'autosuffisance reportée à la nourriture mais également aux moyens de se vêtir.
A l'époque de la construction de l'ashram, Ahemdabad était appelée la « Manchester de l'Inde » en raison de la forte concentration d'usines textiles sur son territoire. L'industrialisation de l'Inde par la Couronne Britannique était pour Gandhi une atteinte directe à l'identité indienne, basée sur la communauté villageoise. La production de masse obligeait la population à quitter ses villages, ses terres, ses métiers et ses maisons pour travailler dans des usines. A la place d’êtres humains dignes, de membres de communautés villageoises qui se respectent, les villageois étaient devenus de simples rouages d’une machine. Pour Gandhi, une civilisation machiniste n'était pas une civilisation. Une société dans laquelle les travailleurs devaient travailler à la chaîne, dans laquelle les animaux étaient traités avec cruauté dans des fermes-usines et dans laquelle l'activité économique mènerait nécessairement à la dévastation écologique, ne pouvait pas être considérée
comme une civilisation.


Gandhi poussa donc les membres de sa communauté et bientôt l'Inde entière à abandonner les vêtements occidentaux au profit des tissus élaborés artisanalement à partir du khadi, le coton indien. Les résidents de l'ashram de Sabarmati, en exemple, sont ainsi revenus au filage et tissage manuel. L'image légendaire de Gandhi utilisant son rouet est née de l'application du
swadeshi. Erigé en symbole de l'autonomie indienne, tant sur le plan économique que politique, cet objet, fut d'une telle importance, qu'il figure depuis 1947 sur le drapeau de l'Inde indépendante.

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3 avril 2012

Inde - Diu (20-28/02/11)

Indo-portugais ?

Diu, petite île de 40 km² située à l'ouest de l'Inde, peut se targuer d'avoir vu du passage... Alternativement contrôlée par différentes "monarchies" hindoues et musulmanes depuis le IVème siècle avant J-C, elle devint portugaise en 1535... et ce pour 450 ans.

De cette domination est née une langue aujourd'hui en voie de disparition : l'indo-portugais de Diu

Le label indo-portugais fait moins référence à une langue qu'à un contact lexical dispersé dans tout le sud de l'Asie, de l'Afrique de l'est au Japon. Vestige des activités coloniales du Portugal, il servait de langue commerciale et de médium interculturel. Multiples, les dialectes indo-portugais qui ont émergés de cette domination sont classés en fonction de la langue endémique auxquels ils se sont associées.

L'indo-portugais de Diu est un mélange de portugais et de Gujarati (la langue du Gujarat, l'état indien le plus proche de l'île: ). Il se réfère à un concept purement scientifique car sur l'île aucune distinction n'est faite entre le Portugais standard et l'Indo-Portugais de Diu. Ce dernier est d'avantage perçu comme une version mal-maîtrisée de l'original, connotée par un certain mépris.

Car le Portugais est resté pendant des années la langue des élites. C'était celle qui était utilisée par l'école, par l'église, par l'administration et celle qui chantait les beautés et les merveilles de l'île, comme en atteste cet enregistrement:

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Aujourd'hui, la pratique de l'indo-portugais de Diu, se retrouve chez les descendants de catholiques et chez les personnes âgées dans le milieu des pêcheurs. On estime ses locuteurs à moins de deux cents personnes mais il est probable que ce chiffre baisse jusqu'à la nullité d'ici une génération.                                                                                                                                                    En voici un extrait, déclamé par un habitant de Diu, passionné de langues:

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Si l'assurance de la disparition de l'indo-portugais de Diu est si forte, c'est que depuis 1961, la donne a changé à Diu. Une nuit de décembre, l'armée indienne est entrée dans l'île et a proclamé la fin de la domination portugaise. Des habitants ayant vécu l'attaque, la raconte ici:

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Les conséquences de ce changement pour les locuteurs lusophones furent majeures puisque leur langue autrefois utilisée pour les plus hautes fonctions sociales s'est vue soudainement reléguée au rang de langue exotique, maitrisée par à peine 0,6% de la population (chiffre correspondant à peu près au nombre de catholiques sur l'île). De la diminution de l'usage du portugais standard à la disparition de sa version créole, il n'y a qu'un tout petit pas.

Cette mort de la langue indo-portugaise de Diu est commune aux autres de la famille à laquelle elle appartient. Elle s'inscrit dans un mouvement spécifique au 21ème siècle, qui veut que les langues disparaissent plus vite que jamais auparavant, et ce, sans que de nouvelles n'apparaissent.

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19 mars 2012

Inde - Mumbai (17-18/02/11)

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27 décembre 2011

Australie - Yuendumu (27/01-09/02/11)

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La communauté de Yuendumu se situe à 300 km au Nord-Ouest d'Alice Springs. Elle fut établie en 1946 pour sédentariser le peuple Warlpiri et compte aujourd'hui près de 1000 habitants.

B&W

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Ochre

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Warlukulangu Artists - Le centre d'art de Yuendumu -

L'association d'artistes de Yendumu, Warlukulangu, a vu le jour en 1985 et regroupe environ 600 artistes.
Tenues en haute estime par les amateurs d'art Aborigène, les œuvres produites à Yuendumu sont reconnaissables à leur style très particulier:
Dès les premières années, en effet, les artistes se sont démarqués des autres communautés par l'utilisation de couleurs vives, par l'application de la peinture en larges touches et par une liberté de gestuelle s'approchant du désordre. Ils ont ainsi complétement ignoré les conventions que s'étaient fixés les artistes de Papunya-Tula (1ère coopérative d'artistes aborigènes), à savoir la réduction du champs des couleurs aux ocres et une précision dans la réalisation des points et des symboles.
Ces libertés ont été récompensées et reconnues puisque l'association Warlukulangu vend dans les galeries du monde entier et peut se venter d'avoir une large représentation dans chaque exposition consacrée à l'art Aborigène.

L'ouverture des portes, le matin, correspond à la distribution des toiles. Une foule incroyable composée majoritairement de femmes, d'enfants et de chiens se pressent alors autour du bureau où l'acquisition du support sera enregistrée. Après avoir fait leur choix de couleurs, la plupart des jeunes repartent aussitôt dans leur foyer. Seuls les plus vieux restent au centre où ils se mettent à peindre. Du thé, des biscuits et un déjeuner leur sont offerts et l'équipe du centre est en permanence attentive à ce que leur confort soit maximal.

En milieu de matinée se font les premiers retours. Un petit format est payé 50A$ et l'artiste recevra d'avantage si la toile est vendue ensuite. Le centre ne distribue pas d'argent mais des chèques qui peuvent être échangés contre du liquide ou directement contre de la nourriture dans les commerces.

Les artistes ont en général deux ou trois Tjukurrpa* dont ils sont les gardiens et les détenteurs. Les formes que prennent ces Tjukurrpa peuvent être extrêmement diverses. Quand les artistes viennent vendre leur toile au centre, ils précisent donc à quel Tjukurrpa leur création correspond. Cette information est enregistrée dans la base de données et précisée à l'acheteur potentiel visitant la galerie virtuelle sur internet ou la galerie physique du centre.

Les bénéfices de chaque toile vendue sont divisés entre l'artiste et l'association. Une partie de cet argent récolté par l'association sert aux frais de fonctionnement du centre (achat de toiles, de peinture, transport des œuvres, communication, salaires, transport des artistes vers les sites de leur Tjukurrpa...) mais il est également utilisé pour le développement de projets au sein de la communauté. Des fonds ont ainsi été récoltés pour la construction de la piscine municipale, pour la mise en place d'un atelier de peinture au sein de l'école, pour accompagner le Warlpiri Media (la télévision locale en langue Warlpiri) dans ses projets audiovisuels. L'accès au soin est également mis en avant. Des artistes se sont fait opérés de la cataracte, un centre de dialyse a vu le jour et une vingtaine d'enfants a été débarrassé d'infections chroniques des oreilles.

[* voir texte sur Tjukurrpa (rêve) plus bas.]

Histoires peintes du Tjukurrpa

MAKAKI

Mukaki Jukurrpa (Rêve des prunes blanches)

par Bessie Nakamarra Sims

Le rêve des prunes blanches raconte le voyage des ancêtres Mukaki de Wirlki à Yiwinji. Un autre lieu, Watungurra, situé à environ 160 km au sud-ouest de Yuendumu est aussi associé à cette histoire. Le jus des prunes était récolté et servait de boisson durant les marches.

WARDAPI

Wardapi Jukurrpa (Rêve du goanna) – Yarripurlangu

par Tess Napaljarri Ross

Ce rêve vient de Yarripilangku, situé au sud-ouest de Yuendumu. Il parle de l'histoire d'un groupe de femmes assises en cercle recevant la visite d'un homme venu de Mt Theo et désirant épouser une femme issue d'un clan qui lui était interdit. La femme et lui partir en haut de la colline où ils firent l'amour. La terre devint ocre clair et tous furent changé en goannas (gros lézard). Cet ocre sert encore d'ingrédient pour la magie amoureuse. Il est utilisé également dans les décorations cérémonielles et peut encore être trouvé en heut de cette même colline.

NGAPAMAGGIE

Ngapa Jukurrpa (Rêve de l'eau) - Pirlinyarnu

par Maggie Nakamarra White

Le site peint ici se nomme Pirlinyarnu (Mt. Farewell). Il est situé à environ 135km à l'ouest de Yuendumu. L'histoire raconte que deux hommes faiseurs d'eau, chantèrent la pluie et créèrent un gigantesque orage qui entra en collision avec un autre venant d'un lieu appelé Wapurtali. Un Kirrkarlanji (faucon brun) transporta l'orage vers l'ouest et le laissa tomber à Pirlinyarnu où il forma un énorme lac qui existe toujours.

PIKILYI

Pikilyi Jukurrpa (Rêve des sources de Vaughan)

par Lola Nampijinpa Brown

Pikilyi est un important trou d'eau et une source naturelle située près de Mont Doreen. Ce rêve raconte qu'il est la demeure de deux serpents arc-en-ciel, héros ancestraux et couple tabou car appartenant à deux clans qui ne peuvent se marier selon la loi Warlpiri. Une femme vint un jour s'assoir auprès d'eux et les épouilla. Pour se service, elle obtint le droit de puiser de l'eau à la source. Ces serpents, « kirda » (gardiens) du lieu sont toujours présents à Pikilyi.

PUTURLU

Puturlu Jukurrpa (Rêve du Mont Théo)

par Liddy Napanangka Walker

L'histoire se passe au nord de Yuendumu sur le Mont Théo où quatre femmes de deux clans différents sont en quête de Ngalyipii (Vigne serpent) utilisée pour faire du cordage. Ces cordes serviront ensuite pour porter les paniers de bois (parraja ou coolamons) utlisés pour transporter la nourriture ou au cours des cérémonies.

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Ngapa Jukurrpa (Rêve de l'eau) - Puyurru

par Shorty Jangala Robertson

Puyurru est une réserve d'eau située à l'ouest de Yuendumu. Un jour, Kirrkarlanji (faucon brun) y creusa un serpent géant et le serpent emmena l'eau plus loin, à Jillyiumpa ou il forma un nouveau grand lac. Cette histoire fait écho au Jukurrpa de Maggie puisqu'il en reprend à l'origine les deux faiseurs d'eau et le faucon brun amenant l'orage vers l'ouest.

 

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Pour les plus acharnés de lecture ou pour les passionnés d'Autralie, voici quelques textes, rédigés par mes soins, qui vous permettront de mieux saisir le contexte historique et culturel de l'art Aborigène:

- Origines des pratiques artistiques :

Lorsque les Anglais sont arrivés sur la terre que l'on appelle aujourd'hui « Australie » en 1788, il existait environ 250 tribus ou nations indigènes dont les langues et les pratiques culturelles variaient plus ou moins sensiblement....
( la suite ici : Origines_des_pratiques_artistiques )

- Tjukurrpa (rêve) :

Tjukurrpa est l'Existence même, passée, présente et future. C'est l'explication de ce qui est et la Loi qui gouverne les comportements. Tjukurpa évoque deux aspects de la réalité: celle de la Terre (rivières, collines, trous d'eau...) et celle des hommes (chasse, cérémonie de mariage, vie quotidienne)...
( la suite ici : Tjukurrpa_Reve )

- Sédentarisation forcée :

L'installation des Blancs sur le continent correspond à l'anéantissement, et dans une moindre proportion, à l'assimilation de la plupart des peuples aborigènes. La mort et les déplacements de population sont les deux principales causes de la quasi-disparition des tribus vivant sur les côtes et à leurs abords...
( la suite ici : s_dentarisation_forcee_)

- Naissance et vie de la peinture aborigène contemporaine: 

L'Histoire raconte qu'en 1971, un jeune professeur d'art et d'artisanat, Geoffroy Bardon arrive dans la communauté désolée de Papunya. Il y trouve une réalité désespérée dans un décor de tôles, de barbelés, de rues symétriques et sans noms. Il encourage alors les enfants à peindre les murs de l'école en utilisant des motifs traditionnels...
( la suite ici : Naissance_et_vie_de_la_peinture_aborig_ne_contemporaine)

 

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18 décembre 2011

Australie - Alice Springs (11/12/10 - 26/01/11)

L'ABORIGENE DES VILLES

Assis en tailleur dans l'herbe, le regard perdu vers son imaginaire, il parle et s'énerve contre des fantômes. Il a sous le bras, cachée, une bouteille en plastique remplie de vin bon marché. Par gorgées espacées, il y abreuve son délire et sa colère.

Les traits de son visage au cuir noir et crevassé se sont forgés il y a des milliers d'années, à une époque où sa liberté était innée, où le rêve de sa terre lui appartenait encore.

Qu'a-t-il à espérer aujourd'hui? Rien ou peu, car tout est déjà fait.

Près de lui, disposés autour d'un reste de cercle ancestral, se tiennent ses paires. Ils parlent parfois, regardent la vie des autres passer, boivent, mangent ou parfois peignent. La vente des toiles ajoutera quelque dollars à la pension qu'ils reçoivent chaque mois, les dispensant de trouver une place au sein de cette société de colons.

De l'autre côté d'une quelconque rue, je le regarde lui et son peuple. Déportés des quatre coins de l'Australie, ils parlent autant de dialectes qu'il existait auparavant de tribus sur le continent, quelques deux cents au minimum. Il y a trente ans, les nouveaux maîtres leur ont restitué la terre dont ils ne pouvaient se servir. Ils les ont ensuite regroupés là, au sein du Territoire du Nord, sans se soucier du lien essentiel qui les reliaient à leur lieu de naissance. Déracinés, ils errent et se complaisent dans leur rôle de nuisance.

Certains ne viennent qu'occasionnellement en ville. Appartenant à des communautés sèches, où l'alcool est interdit, ils s'immergent pour un week-end ou plus dans un voyage éthylique dont une partie ne revient pas. D'autres, pour différentes raisons, ont été chassé par leur semblables du groupe auquel ils appartenaient et n'ont plus comme choix de lieu de vie que le trottoir ou les dessous de ponts.

Lui, l'aborigène de la ville que j'observe est moche. Il sent mauvais, transpire l'alcool et hurle des propos incompréhensibles à l'oreille de ceux qui ne peuvent que le fuir.

Je ne m'en approche pas et recule quand il vient vers moi. Les commerçants le chasse, les touristes en ont peur, la police l'embarque souvent. Je pense qu'il ne les aime pas de toutes façons.

Et moi intérieurement je hurle et vomis toute la haine que cette réalité m'inspire.

Non, je ne lui donnerai pas d'argent, je n'irai pas lui chercher plus de vin que le rationnement légal quotidien ne lui autorise, je ne lui achèterai pas sa peinture aux motifs standardisés, je ne prendrai pas la peine de comprendre ses propos pâteux. Le dégoût m'a pris.

Darwin, Katherine, Tenant Creek, Alice Springs... du nord au sud, le paysage urbain bégaye la même triste vérité, celle qui m'a été contée avant que je ne la vois, celle à laquelle je ne voulais absolument pas croire. Jamais dans les pays que j'ai visités, où la culture a aussi été volée, je n'ai senti de situation tellement désespérée, je n'ai vu de balafre aussi spectaculairement laide.

Reste le mystère des communautés, à quelques centaines de kilomètres de là, dont la possible magie est protégée par la distance et les indispensables autorisations d'entrée sur leur territoire.

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18 décembre 2011

Australia - Uluru (6-7/10/11)

Au temps du rêve, lorsque seuls les dieux peuplaient la Terre, le grand dieu Serpent passa par une région désertique, au centre du pays. Le " Centre Rouge ". L'air y était si chaud et la terre si sèche qu'aucune forme de vie, parmi toutes celles qu'il avait crées, ne pouvait y survivre.
Le dieu Serpent eut alors une idée parfaitement divine : Il allait planter, au beau milieu de ce désert, une graine géante, d'où germerait bientôt un arbre gigantesque.
Ainsi, pensa-t-il, l'arbre couvrira l'immense plaine de son feuillage et protègera la terre de son ombre. Une fois protégé des rayons ardents du soleil, le sol redeviendra fertile et d'autres arbres, des fleurs, des kangourous, des wallabies et des oppossums pourront venir peupler la région. Et ce sera beau comme dans un rêve.
Et dans sa divine bonté il fit apparaître la fabuleuse graine au beau milieu du désert.
Il appela alors l'eau du ciel. Et l'eau du ciel tomba en grandes trombes , sur la graine. Hélas, les dieux parfois ont des rêves qui dépassent d'un rien les limites de leur pouvoir créateur. La graine était trop grosse, et jamais ô grand jamais, au beau milieu du désert, assez d'eau ne tomba pour faire germer la divine graine. La plaine resta désespérément désertique et la graine stérile devint dure comme une pierre, formant ainsi ce que nous appelons "Uluru".
Robine, Anubisu, Hekate.

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13 décembre 2011

AUSTRALIE - KATHERINE (24/10-28/11/10)

SAMBO

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Devant moi il marchait et se retournait parfois. J'ai pensé au début que quelque chose dans mon dos fixait son attention mais à force de virages, il est devenu évident que cet aborigène m'observait.

J'étais encore partagée à ce moment-là par l'attrait que son peuple exerçait sur moi et la peur, crée par la paranoïa ambiante, qu'il m'inspirait. Ainsi, quand je m'approchais du distributeur et que je le vis faire demi-tour pour venir à ma rencontre, j'étais assez peu rassurée.

Il m'a demandé une cigarette, je lui ai roulée. Il sentait la crasse et l'alcool. Ses yeux jaunes et vitreux semblaient regarder une réalité différente de la mienne. Pourtant, un lien invisible pour le monde nous reliait déjà.

Je n'ai pas retiré d'argent et ai commencé à essayer de comprendre ce qu'il me racontait. Le délire éthylique augmentant le handicap de la différence de langage, je crois n'avoir intégré qu'une faible portion de ces dires. J'ai tout de même saisi une phrase qui lui a offert toute mon attention. Il m'a dit: « Toi, tu aimes les histoires, je vais te raconter la mienne »

suite: Sambo

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13 décembre 2011

AUSTRALIE - Brisbane (15/10/10)

SERIE PHOTO: BRISBANE CBD

"Au XXème siècle est née la conviction que ce que le regard de l'homme cherchait n'avait plus rien à voir avec la lourde solidité traditionnelle d'une architecture où quatre murs entourent une pièce et délimitent un espace fini. Notre œil s'est plutôt mis en quête de transparence, de légèreté et de la possibilité de voir à travers les choses."
Harry Seidler (architecte australien d'origine autrichienne, considéré comme l'un des principaux représentants du modernisme en Australie.)

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